Des choses en ordre dans le désordre

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Je crois que je deviens vraiment maniaque.

Retrouvez plus de photos de choses bien rangées sur mon Instagram.

Le selfie

Shameless, saison 4, épisode 4

La nuit, quand je regarde la barbiche de Boris étalée sur l’oreiller, je deviens fou. O Tania, où sont maintenant ton sexe brûlant, tes épaisses, lourdes jarretières, tes douces cuisses si dodues ? J’ai un os de six pouces dans la queue. J’aplatirai tous les plis de ton vagin, Tania, et le remplirai de semence ! Je te renverrai à ton Sylvestre, le ventre douloureux et la matrice sans dessus dessous. Ton Sylvestre ! Oui, il sait bien allumer un feu, mais moi, je sais comment enflammer un sexe ! Je te rive des boutons brûlants dans le ventre, Tania ! Je porte tes ovaires à l’incandescence. Ton Sylvestre est un peu jaloux maintenant ? Il sent quelque chose, n’est-ce pas ? Il sent les traces de ma belle queue. J’ai un peu élargi les rives, j’ai repassé les rides. Après moi, tu peux bien prendre des étalons, des taureaux, des béliers, des cygnes, des saint-Bernard. Tu peux te fourrer des crapauds, des chauves-souris, des lézards jusqu’au fond du rectum. Tu peux chier des arpèges si tu veux, ou t’accrocher une cithare en travers du nombril. Je t’encule, Tania, tant et si bien que tu resteras enculée ! Et si tu as peur d’être enfilée publiquement, je t’enfilerai dans le privé. Je t’arracherai quelques poils du con, et je les collerai sur le menton de Boris. Je te mordrai le clitoris, et je cracherai des pièces de quarante sous…

Henry Miller, Tropique du Cancer, 1934

Je place le bain très haut finalement, dans l’échelle des plaisirs que la vie nous procure, après l’avoir un peu sous-estimé et relégué assez loin derrière l’amour physique, qui était jusqu’à présent mon activité préférée, en dehors de la réflexion, évidemment. J’aime beaucoup faire l’amour en effet (à plus d’un titre), et, sans vouloir ici évoquer mon style en la matière, qui s’apparenterait d’ailleurs plus à la quiétude sensuelle d’une longueur de brasse qu’à l’énergie désordonnée et virilement fanfaronne d’un quatre cents mètres papillon, je retiendrai surtout que faire l’amour m’apporte un grand équilibre intérieur, et que, l’étreinte passée, tandis que je rêvasse sur le dos dans la douceur des draps en savourant la simple bonhomie de l’instant qui s’écoule, je ressens une irrépressible bonne humeur qui vient se traduire sur mon visage par un léger sourire inattendu et quelque chose de brillant dans l’œil, de malicieux et de complice. Eh bien, nager m’apporte la même sorte de satisfaction, la même plénitude du corps, qui, peu à peu, lentement, comme une onde, se propage à l’esprit et amène à sourire.

Jean-Philippe Toussaint, La Télévision, 1997

Je viens aujourd’hui de lire un très beau et très triste poème du poète japonais Shuntaro Tanikawa sur l’infidélité de la femme et sur la difficulté qu’il y a à dormir à côté d’elle alors que c’est déjà la nuit et que ce jour-là, vous le savez, elle est allée avec un autre homme. Alors, toujours elle s’endort et vous, vous restez là, allongé à côté d’elle, les yeux grands ouverts, et qu’elle est immense la solitude qui à toucher son corps endormi vous gagne. Du sperme de l’autre qu’en elle elle a pris elle est chaude comme poêle mais vous, vous avez froid, très froid, si froid même que c’est presque si dans l’Antarctique vous étiez bébé pingouin qui, à peine sorti de l’œuf, a péri, en un court instant s’est fait poignée de plumes gelées perdue au milieu d’un continent où il n’est pas un seul bureau de poste, où le vent, voilà le seul facteur qui passe.
Elle se retourne dans son sommeil, autour de vous glisse son bras et lorsqu’ainsi elle vous touche, c’est de cet Antarctique qu’elle se fait vent glacé qui vous apporte votre courrier, qui d’un souffle jette votre cœur aux ombres — et des ténèbres elles seraient les miroirs.
Et vous, bien sûr, vous allez continuer de l’aimer, mais ce sera d’une autre sorte d’amour. Rien plus jamais ne sera comme avant et c’est demain qu’on commence. Et là, allongé à attendre l’aurore, c’est de tous les hommes que depuis la nuit des temps vous partagez la compagnie.

Richard Brautigan, Tokyo-Montana Express, 1980

L’intimité

Girls, saison 3, épisode 1

Tribute to @britney_fierce

Le 31 janvier, j’ai découvert par inadvertance que mon compte Instagram avait été supprimé. Comme ça, en douce, sans un mot, après seulement deux mails d’avertissement à cause d’une sombre histoire de photos dénudées. Sur le moment, je n’ai pas vraiment réalisé. Quelques jours après, j’ai recréé un nouveau compte. Ce qui me rend un peu triste, c’est d’abord une histoire un peu ridicule de chiffres — mon nouveau compte un peu vide de photos, de followers et de followings — mais surtout que l’on m’ait privée de toutes les histoires que j’ai vécues depuis que j’ai commencé à utiliser l’application au printemps 2011. Les photos sont sauvegardées dans mon ordinateur, certes, mais je vais devoir trouver un moyen pour qu’elles puissent à nouveau vous raconter Berlin, Portland, Tokyo ou mon dernier repas.

En attendant, vous pouvez désormais me suivre ici.

Ces jours-ci j’oscille entre des moments d’anesthésie totale pendant lesquels je ne ressens absolument rien et des épisodes de colère à en avoir envie de taper dans les murs. Entre les deux, je suis un peu heureuse, mais cette absence totale d’empathie que j’éprouve quand il se passe quelque chose de grave dans ma vie — moi qui pleure systématiquement devant le journal télévisé — me fait peur. Comme si j’étais une tueuse en série qui avait bien tourné. Rien ne m’empêche jamais de dormir.

lindsaybottos:

some new stuff I’m working on, I get tons of anonymous messages like this every day and while this isn’t unique to women, the content of the messages and the frequency in which I get them are definitely related to my gender. I almost exclusively get them after I post selfies. The authority people feel they have to share their opinion on my appearance is something myself and many other girls online deal with daily. 

Via Lense

J’ai envie d’écrire tout le temps et je n’écris rien, à part dans ma tête. J’oublie tout. Je vais essayer d’écrire un peu plus souvent ici même si ça me fait me sentir toute nue.

Hier soir, j’ai pris une douche et j’ai mis des collants même pas troués. Aujourd’hui, j’ai mangé une grosse pizza, ça m’a fait du bien même si elle était pas terrible. Cette mozzarella était aussi di bufala que je suis un lamantin, si vous voulez mon avis. C’est tout ce qui s’est passé d’avouable pour le moment dans ma journée. J’aimerais bien que la pluie arrête de tomber.