Tribute to

Teenagers, pop culture & suburban architecture

DAT ASS

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DAT ASS

Sesali: […] And at what point do we acknowledge sex appeal as something that we can embrace?

Maya: Seriously, has it really never occurred to Freeman that sometimes women like being seen as sexy? And that is not an inherently awful thing? Or that sometimes posing in your underwear is empowering? Or that just because there’s pressure for female pop stars to take off their clothes doesn’t mean that there aren’t also opportunities for claiming control of your own image?

Ces quelques phrases sont extraites de la longue réponse de Feministing à cet article de Hadley Freeman paru dans The Guardian il y a une quinzaine de jours, selon lequel les seules motivations de Beyoncé pour poser en culotte en couverture de GQ seraient un narcissisme exacerbé et un anti-féministe enragé. SAY MAL D’ÊTRE SEXY, vous comprenez ? En plus d’essayer de nous faire culpabiliser pour toutes les photos de nous à poil qu’on a postées sur internet (ne niez pas), Freeman reproche à Beyoncé de l’avoir fait alors qu’elle était déjà une star reconnue - parce que bon, si c’était une pauvre fille issue d’une émission de télé-réalité cherchant à attirer l’attention, là, ça pourrait se comprendre, à la limite.

Wait, WHAT?

Non, j’ai bien lu : apparemment, poser nue pour obtenir quelque chose est tout à fait honorable, mais en avoir tout simplement envie n’est vraiment pas une bonne raison. 

Allez hop, toutes en culotte maintenant. Envoyez-moi des photos. Bisou.

Via cet excellent article d’Élise Costa, “Beyoncé ou le féminisme ironique” (cliquez sur tous les liens).

La photo est extraite du super Tumblr de Beyoncé.

Girls, saison 2, épisode 2

Ou est le uncool cette semaine ? #1

J’ai bien conscience que ce titre est tout pourri.

Bref.

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En 2013, j’ai décidé de ne pas laisser ce blog à l’abandon. Alors bon, commençons cette nouvelle année avec une liste.

+ Avant toute chose, vous devriez télécharger et imprimer ce super calendrier dessiné par Paula de J.C. Sàtan pour J’irai verser du Nuoc-Mam sur tes tripes.

+ Ensuite, je voudrais rendre hommage à l’excellente recette de muffins au Philadelphia de Bobby Elroy que j’ai déjà faite 150 fois depuis qu’elle a été publiée et grâce à laquelle je me la pète dans les dîners mondains telle une Bree Van der Kamp droguée aux graisses trans.

+ Je suis en train de lire un S.A.S. pour la première fois, et j’ai cru remarquer que Gérard de Villiers avait un sérieux problème avec l’expression “un ange passe” (ou du moins, il l’avait en 1985), employée à toutes les sauces, et pas des plus digestes. “Un ange passa et fila à tire-d’aile, écœuré par tant de cynisme.” Treize pages plus tard seulement : “Un ange passa dans une combinaison d’amiante.” Super bien équipé, l’ange. 

+ C’est très beau.

+ En ce moment, je tombe sur pas mal d’articles/conférences/débats qui tentent de (re)définir la rock critic/le journalisme musical, et j’aimerais dire un truc : certes, on tourne en rond et j’ai l’impression que plus personne n’a envie de lire ni d’écrire de chroniques de disques, mais à quoi ça sert d’insulter les gens qui parlent de “guitares abrasives” ? À quoi ça sert de dire que des guitares ne peuvent pas être “abrasives” ? Est-ce que ça fait avancer le débat ? Non, et en plus je ne vois pas pourquoi des guitares ne pourraient pas être “abrasives” - ça s’appelle une putain de MÉTAPHORE, mec. Peut-être qu’on pourrait tout simplement essayer de se remettre à raconter des histoires.

+ En parlant de journalisme, je viens de terminer de lire Transmetropolitan et j’ai un peu envie de chialer. Je tiens vraiment à vous bassiner avec ce comic parce que je ne trouve pas normal de n’en avoir entendu parler qu’à 26 ans, et si c’est aussi votre cas, je voudrais vous rendre ce service. Sincèrement. Je ne sais pas encore très bien comment écrire dessus mais Gonzaï l’avait pas mal fait en 2010.
Sinon, Spider Jerusalem (le héros) s’en occupera très bien lui-même. Je vous laisse avec ces trois extraits.

Point: journalism is not about plans and spreadsheets. It’s about human reaction and criminal enterprise. Here the lesson begins.

Joshua Freeh … I know you’re trouble. I can smell it. I can feel it in my journalistic gonads. Each and every one of my sperms knows you’re bad, and they’re churning with hate and murder inside my burning balls, Freeh. Churning

That’s what a monoculture is. It’s everywhere, and it’s all the same. And it takes up alien cultures and digests them and shits them out in a homogenous building-block shape that fits seamlessly into the vast blank wall of the monoculture. This is the future. This is what we built. This is what we wanted. It must have been. Because we all had the fucking choice, didn’t we? It is only our money that allows commercial culture to flower. If we didn’t want to live like this, we could have changed it any time, by not fucking paying for it. So let’s celebrate by all going out and buying the same burger.

Deux mille douze

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Cette année est sur la pente descendante

Vous vous souvenez de quand on lisait Jeune & Jolie et qu’on pensait qu’on allait tous mourir puceaux ? Bon, eh bien même si 2012 n’a pas été la meilleure des années, la vie s’est sensiblement améliorée depuis cette période - dieu bénisse internet.

Alors en attendant demain, pour faire comme tout le monde et aussi parce que c’est cool de faire des listes, voilà quelques trucs que j’ai aimés et pas aimés cette année.

Ce qui devrait disparaître en 2013

+ Le jargon (arrêtez d’essayer d’avoir l’air plus intelligent que vous ne l’êtes en employant des termes que votre auditoire ne maîtrise pas, c’est vraiment nul)
+ Les chroniques de disques (tout le monde s’en fout)
+ Les gens mal élevés (j’espère que vous mourrez dans d’atroces souffrances)
+ Et ceux qui veulent se prendre pour Lester Bangs derrière leur ordinateur mais sont incapables d’écrire une phrase en français (ALO UI CER 2012

Ce qui a rendu l’année 2012 plutôt pas mal

+ Internet : Élise Costa, Le Tag Parfait, Instagram, A Beautiful Mess, The Oatmeal, Fluoglacial, Gonzaï, Stoya, Vice, Émilie Laystary, Rookie et bien sûr Hartzine et Villa Morel (mucho <3)
+ Des magazines : So Film, Apartamento
+ Des livres : plein
+ De la nourriture : les galettes de riz au porc fumé, les chips au vinaigre, les burgers 
+ Des lieux : Berlin, mon nouvel appartement, l’île Seguin, le MK2 Bibliothèque
+ De la musique : John Maus, Molly Nilsson, Ty Segall (mon bilan musical sur Hartzine)
+ Des films : plein
+ Des musées : le Musée de la Chasse et de la Nature, les Galeries de Paléontologie et d’Anatomie comparée, le Kaiser’s de Warschauer Strasse, le Museum für Naturkunde de Berlin
+ La vraie vie : reprendre mes études, lire, déménager, la carte UGC Illimité 

Espoirs 2013

+ Le bébé de Kim Kardashian et Kanye West
+ Un diplôme
+ Le Japon  
+ Que tous les mauvais journalistes changent de métier

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VOILÀ

Les images sont tirées de Transmetropolitan de Warren Ellis et Darick Robertson (si ce n’est pas déjà fait, lisez-le) (surtout si vous êtes journaliste).

McMoon

Le Lunar Orbiter Image Recovery Project (LOIRP) est un projet de la NASA destiné à numériser les images récoltées sur la Lune entre 1966 et 1967 par les sondes spatiales du programme Lunar Orbiter. Depuis le mois de juillet 2008, l’équipe est installée dans un McDonald’s abandonné situé juste à côté du Ames Research Center de la NASA, à Moffett Field, en Californie, depuis surnommé McMoon.

Photos © Mountain View Online et Technology Review

Article écrit pour Villa Morel.

Internet, Internet

“La déconnexion est un nouveau trend, dont le livre, Alone Together (2011), par Sherry Turkle, professeur au MIT, est l’étendard : les jeunes, constamment en train de s’échanger des like sur Facebook, perdraient tout intérêt pour les valeurs authentiques de la vraie vie, comme la science et le New York Times.

Ces jeunes sont énervants. “Comment faisiez-vous avant internet ?”, demandent-ils ironiquement à leurs parents, qui n’ont connu cet outil qu’à l’âge adulte. Eh bien, il faut l’avouer sans détour : nous étions beaucoup plus bêtes qu’aujourd’hui, et nous n’en avions pas conscience. Réécouter une chanson entendue à la radio restait souvent un effet du hasard, retrouver la référence d’une bande dessinée ancienne était une entreprise insurmontable, et comparer des extraits de films un tour de force réservé à quelques virtuoses experts. D’où un principe contraint et forcé de modération de la curiosité, qui s’appliquait de façon très générale au spectacle du monde.

Cet été, à l’occasion d’un séjour à l’étranger, je me suis trouvé pendant une semaine en situation de déconnexion forcée. Ce qui a eu deux conséquences. La première, de laisser mon smartphone pendant presque toute la période sur le rebord de la cheminée (ben oui, il ne pouvait servir qu’à téléphoner). La seconde, d’affronter la vie comme si j’étais aveugle, sourd et muet. Quel temps fera-t-il demain ? Quelle est la forme de la côte ? À quelle distance suis-je du rivage ? Comment s’appelle cet oiseau ? Comment s’explique la configuration de ce massif ? Quelle est l’histoire de ce quartier ? Que signifie le nom de cette rue ? Boulet a-t-il posté une nouvelle note ? Ai-je des commentaires sur Culture Visuelle ?

Pendant toute cette semaine, je me suis aperçu, médusé, de toutes les questions que j’avais pris l’habitude d’adresser à mon environnement, sachant que j’avais de grandes chances d’obtenir un résultat. La puissance documentaire d’internet a élargi le monde et augmenté notre vision dans des proportions inimaginables. Plus que des réponses, le savoir infini du web nous a appris à ne plus jamais refuser de nous demander comment, qui et pourquoi. Plus encore que la connaissance, il nous a apporté un émerveillement, une vigilance et un questionnement inépuisables.”

André Gunthert, “Souvenons-nous du monde avant internet”, via Culture Visuelle.

Tribute to Nelly Ben Hayoun

Nelly Ben Hayoun est une drôle de fille. Plus enthousiaste que la plus enthousiaste de tes copines, celle que l’on surnomme la “Willy Wonka du design et de la science” donnait une conférence hier soir au Musée des Arts et Métiers. Actuellement en résidence à la Gaîté Lyrique, elle était invitée pour évoquer quelques unes de ses fascinantes expériences.

Avant tout, il faut préciser que Nelly n’est pas une scientifique : elle a étudié le design à Paris puis à Londres, et prépare actuellement une thèse en géographie (si vous avez deux/trois heures devant vous, vous pouvez lire ça sur son CV). Pourtant, sa fascination pour le pouvoir poétique de la science l’a rapidement encouragée à tenter diverses expériences en collaboration avec des scientifiques, taraudée par cette question : “Pourquoi pas nous ?”. En effet, nous, les non-scientifiques (enfin moi, en tout cas), avons peu de chances de devenir un jour astronaute et de ressentir le frisson d’un décollage de fusée ou l’émotion d’un sonic boom. Elle part alors en croisade avec un seul but : recréer ces expériences pour le commun des mortels.

Cupackes et macarons

Premier objectif : recréer de la matière noire dans sa cuisine à l’aide d’un micro-onde. Ça situe un peu le personnage. Après ça - entre autres projets -, elle collabore avec l’astronaute Jean-Pierre Haigneré à la création d’un fauteuil grâce auquel n’importe qui pourrait revivre les sensations du décollage d’une fusée. Le résultat final, The Soyuz Chair, est apparemment très proche de la réalité.

Attention, décollage imminent pour la cuisine

Pour l’un de ses projets les plus récents, Nelly s’est carrément incrustée à la NASA avec l’espoir secret de révéler le potentiel créatif de ses employés. 55 volontaires et quelques grands compositeurs internationaux (Damon Albarn et Bobby Womack, pour n’en citer que deux) plus tard, l’International Space Orchestra était né. Il y a quelques mois, la performance de Ground Control: An Opera In Space, qui raconte en plusieurs actes et en plusieurs langues (dont le japonais et le russe, *wink wink* les États-Unis) les grandes missions spatiales, a été enregistrée et filmée, et devrait être visible d’ici quelques semaines. Les premiers extraits, visionnés hier, sont assez prometteurs (imaginez la DRH de la NASA conter la mission Apollo accompagnée au saxophone par le Responsable de vol de l’Impacteur lunaire LCROSS, ça vous donnera une petite idée du résultat).


Vers l’infini et au-delà

Bref, ce ne sont pas les idées qui manquent à Nelly Ben Hayoun pour nous rendre accessibles les mystères de la science. D’ailleurs, le résultat de ses derniers travaux sera présenté publiquement à la Gaîté Lyrique le 3 novembre prochain : elle tentera, sous nos yeux ébahis, de recréer le son du premier pas sur la Lune. Ça s’appelle Moon Dust Remix, et vous m’y croiserez sans aucun doute. En attendant, observons ensemble cette éruption de volcan domestique :


SCIENCE, BITCH

Sources
- De la Terre à la Lune en passant par Mars. Histoire culturelle d’une conquête imaginaire, conférence au Musée des Arts et Métiers en partenariat avec la Gaîté Lyrique, avec Nelly Ben Hayoun et André Gunthert, le 11 octobre 2012.
- Le site internet de Nelly Ben Hayoun.